3 bonnes raisons d’enrichir le web… et de ne surtout pas le pourrir bêtement !

Si vous avez suivi l’actualité récemment (et plus particulièrement l’actualité pédagogique), vous avez sans doute entendu parler de l’affaire du «Pourrisseur du Web», qui a fait le tour de la blogosphère francophone.

Pour faire bref : un enseignant décide d’introduire du contenu «bidon» dans Wikipedia, afin de piéger ses élèves et leur démontrer qu’Internet ne peut être utilisé à bon escient pour trouver de l’information de qualité. Pour résumer ma pensée, j’appellerais ça : de la manipulation, avoir un esprit tordu et un manque flagrant de respect pour ses propres élèves et les nombreuses personnes qui enrichissent le web par leurs contributions.

Je ne lui ferai pas le plaisir de rajouter un lien direct vers son blog, aussi vous trouverez toutes les informations que vous souhaitez dans ce dossier Scoop.it! : http://www.scoop.it/t/l-affaire-du-pourrisseur-du-web-points-de-vue-critiques

J’ai assez bien hésité à réaliser cet article. De un, parce que le sujet a déjà été maintes fois traité dans le courant des derniers jours. De deux, parce que je n’aime pas m’apitoyer sur le négatif. Mais là, je ne tiens pas de pouvoir exprimer mon coup de gueule face à cette pitrerie !

Aussi, afin de rester aussi constructif que possible, je vous propose de découvrir ci-dessous 3 bonnes raisons, selon moi, de contribuer de manière positive à l’enrichissement du web (et pas de le pourrir bêtement à des fins tordues et manipulatoires !) :

3 bonnes raisons d’enrichir le web... et de ne surtout pas le pourrir bêtement !
Découvrez 3 bonnes raisons d’enrichir le web du mieux que vous pouvez, plutôt que de le pourrir bêtement à des fins peu orthodoxes.

1. Parce qu’il faut arrêter de toujours prendre les élèves pour des cons

Que les élèves aient leur part de responsabilité dans leurs apprentissages, je ne nie pas. Même en mettant toutes les conditions en place, certains donneront toujours du fil à retordre. Mais je commence à en avoir par dessus la jambe d’entendre toujours les mêmes rengaines, comme quoi les étudiants sont fainéants, adoptent la loi du moindre effort, etc.

En ce qui concerne les «copions», je tiens juste à signaler que ceux-ci ont existé de tout temps. Les évolutions technologiques ont toutefois permis une certaine sophistication, mais ça ne change en rien le fait que les copions ont existé, existent encore, et existeront demain, sans doute sous une autre forme !

La question à se poser serait plutôt, selon moi : pourquoi les élèves y ont-ils recours ?

Evidemment, si le seul objectif de la leçon est de retenir bêtement par coeur ou de donner toujours la bonne réponse (qui n’a pas changé et qui est toujours la même depuis des années), alors je ne peux qu’encourager les élèves à faire usage de tous les moyens possibles pour se faciliter la vie !

2. Parce qu’il faut savoir vivre avec son temps et aller de l’avant

Quand le monde enseignant arrêtera-t-il une bonne fois pour toutes de se voiler la face ou de se mettre la tête dans le sable !?… Il est indéniable que les technologies de l’information et de la communication prendront de plus en plus de place dans nos vies. C’est une réalité, et il faudrait être complètement fou pour la dénier !

Je ne dis pas que c’est toujours au bénéfice du meilleur des mondes, et on voit à quel point la technologie peut parfois être néfaste. Mais dans sa globalité, elle nous apporte énormément de positif : accès aux ressources éducatives mondiales, facilité de partages des informations…

Pourquoi cracher dessus, alors que ces outils peuvent devenir de véritables alliés pédagogiques ?

3. Parce qu’il y en a marre de ce sempiternel nivellement par le bas

Je n’en peux plus que l’on essaye toujours et encore de nous tirer vers le bas. Que soit la presse ou les mesures gouvernementales, on entend parler que de crise, du suicide du système éducatif… et pour couronner le tout, voilà que débarque ce pourrisseur du web avec son expérience à la noix !

Comment peut-on un seul instant penser à saccager le travail pour lequel d’autres contributeurs ont parfois investi des heures et des heures… j’appelle ça un manque de respect total. Pour les contributeurs, et pour les utilisateurs !

Heureusement, cela me rassure de constater le nombre de ressources de qualité qui fleurissent sur la Toile, et parmi celles-ci certains blogueurs qui font des efforts incessants pour délivrer de l’information valide et de qualité. Je pense ici notamment, dans le secteur pédagogique, à Thot Cursus, myRHline, Marcel Lebrun, Frédéric Domon, Infobourg, NetPublic… et bien d’autres.

Désolé de ne pas tous vous citer ici, je vous consacrerai un article complet prochainement pour vous remercier du boulot que vous faites et qui est d’une qualité exemplaire. Alors quand je pense au temps et à l’énergie consacrés pour fournir tout ce travail et que je vois ce type qui ose venir foutre le b*** dans ce que d’autres ont mis des heures à construire, ça me fout les boules !

Evoluons ensemble vers une utilisation cohérente des TIC !

Je conclurai cette article par une question simple : au lieu de fustiger le web et essayer de lui attribuer tous les maux de la planète, pourquoi ne pas aider et accompagner les élèves à en faire une utilisation correcte et cohérente ?

Si on apprenait aux élèves à utiliser correctement l’Internet, à effectuer une recherche efficace, à développer leur esprit critique pour distinguer les bonnes sources d’information… je pense que notre société aurait beaucoup à y gagner.

Et heureusement, quelques initiatives enseignantes voient le jour dans ce domaine, dont on parle trop peu. Je pense notamment aux expériences menées par Laurence Juin, François Jourde et Yasmine Kasbi. Je vous tire mon chapeau !

Voilà, c’était mon coup de gueule, je vous retrouve vendredi pour un article 300% positive attitude !… 🙂

L’actualité pédagogique et du monde de la formation #12

Comme chaque semaine, retrouvez l’essentiel de l’actualité pédagogique et du monde de la formation. Je vous propose de passer en revue les 10 articles qui ont retenu mon attention dans le monde de la formation, de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique au cours de cette semaine du 19/03/2012 :

L'actualité pédagogique et du monde de la formation #12
Retrouvez l’essentiel de l’actualité pédagogique et du monde de la formation. Au menu : Pinterest, TED, Khan Academy, et bien d’autres !

Je vous invite également à (re)découvrir les articles publiés sur FormaVox cette semaine :

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  • Suivez l’actualité pédagogique et du monde de la formation au jour le jour sur Twitter

Et vous, qu’avez-vous retenu de cette semaine ?…

L’actualité pédagogique et du monde de la formation #11

Comme chaque semaine, retrouvez l’essentiel de l’actualité pédagogique et du monde de la formation. Je vous propose de passer en revue les 10 articles qui ont retenu mon attention dans le monde de la formation, de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique au cours de cette semaine du 05/03/2012 :

L'actualité pédagogique et du monde de la formation #11
Retrouvez l’essentiel de l’actualité pédagogique et du monde de la formation. Au menu : Lift, Apple, KTM Advance, et bien d’autres !

Je vous invite également à (re)découvrir les articles publiés sur FormaVox cette semaine :

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Et vous, qu’avez-vous retenu de cette semaine ?…

9 éléments-clés à retenir à propos du E-Learning

Mardi dernier s’est tenue à Bruxelles une conférence intitulée «Tous les chiffres du e-learning : prenez vos repères pour 2012 !», organisée par l’ISTF – Institut Supérieur des Technologies de la Formation.

Durant cette conférence, 4 intervenants ont eu l’occasion de faire le point sur des données concrètes issues du monde de l’entreprise, du secteur public et des organismes de formation à propos de diverses thématiques liées à la formation en ligne : efficacité pédagogique, tendances et évolution, Serious Games, charges cachées…

L’occasion également pour l’ISTF de présenter les résultats d’une grande enquête menée en 2011 auprès de responsables de formations de 61 structures françaises et belges (majoritairement issues du secteur privé).

Je vous propose de parcourir ci-dessous 9 éléments-clés à retenir de cette conférence dédiée aux chiffres du E-Learning :

9 éléments-clés à retenir à propos du E-Learning suite à la dernière conférence ISTF à Bruxelles
Blended Learning, Social Learning, Serious Games : découvrez les 9 éléments-clés à retenir suite à la récente conférence organisée par l’ISTF à Bruxelles sur les chiffres du E-Learning.

1. L’externalisation des contenus reste encore la solution n°1

Si l’on constate une très forte externalisation des contenus pour les entreprises privées, la tendance s’inverse pour les organismes de formation. Ceci s’explique du fait de la présence de profils ad hoc au sein de ces structures.

Grâce aux outils auteurs de plus en plus abordables (en terme d’utilisation) et l’internalisation progressive des formations en entreprise, on pourrait constater une évolution de cette tendance dans les années à venir.

2. Le Serious Game séduirait de plus en plus

À l’heure actuelle, seules 4% des structures font appel aux Serious Games dans le cadre de leurs formations. Ceci peut se comprendre du fait des coûts de production et d’implantation encore relativement élevés, et du manque de données relatives au ROI par rapport à d’autres modes de formation.

La tendance pourrait toutefois s’inverser, le nombre de structures prévoyant de passer aux Serious Games dans les années à venir étant en augmentation : on passerait des 4% actuels à 18% de structures qui prévoiraient de se mettre aux Serious Games.

3. Le Social Learning commence à poindre le bout de son nez

Malgré des résultats prometteurs et une forte mouvance dans la sphère pédagogique ventant ses avantages et bénéfices, le Social Learning est encore peu réellement exploité.

Toutefois, il a au moins le mérite de faire son apparition là où on ne l’attendait pas forcément, et 66% des structures auraient l’intention de mettre en place une dynamique de ce type à moyen terme.

4. Le E-Learning : efficace pour former sur les savoirs purs

75% des structures estiment que les formations en ligne sont efficaces sur le plan pédagogique, dans le cadre de formations visant l’acquisition de savoirs (connaissances). Elles sont toutefois moins enthousiastes, dès lors qu’on aborde les savoirs-faire (53%) et les savoirs-être (8%).

En ce qui concerne ce dernier, le résultat ne me surprend pas étant donné l’isolement que peuvent ressentir les apprenants dans ce type de dispositif, et le fait que les conditions d’apprentissage (même en mode synchrone) ne permettent pas encore de franchir tout à fait la barrière relationnelle imposée par ce mode de formation.

5. Ce qui motive les apprenants : la qualité pédagogique, avant tout !

Vous serez peut-être surpris de lire que la qualité graphique et multimédia des ressources ne constitue un facteur motivationnel que pour seulement 5% des apprenants : en effet, 43% des apprenants disent être motivés avant tout par la qualité du contenu.

Leçon à tirer : évitez d’investir outre mesure dans le design et l’aspect multimédia de vos modules. Choisissez plutôt de développer en priorité la consistance et la qualité du contenu et des ressources mises à disposition de vos participants.

6. Le Blended Learning : un dispositif qui a de beaux jours devant lui

Du point de vue des apprenants, 34% d’entre-eux estiment que le E-Learning doit venir en complément des formations présentielles.

Ce chiffre complète celui proposé dans le récent Baromètre Européen du E-Learning : à savoir que le Blended Learning est déjà le dispositif le plus plébiscité par les entreprises (76%) et que 47% d’entre-elles souhaitent intensifier le recours à ce type de dispositif.

7. Comptez 83.000€ en moyenne pour jouer sérieusement

Si le record mondial de coût de développement d’un Serious Game est actuellement tenu par Pulse! (7.000.000€), la fourchette de prix peut varier classiquement entre 30.000€ (réalisation d’un jeu en flash) et 500.000€ (réalisation d’un jeu sur mesure pour une très grande entreprise).

À noter l’existence de 2 modèles pour calculer le coût potentiel d’un Serious Game : le modèle Simlinx et le modèle Succubus.

À vous de jouer !… 😉

8. Serious Game : on se dirige déjà vers une baisse des coûts

D’une part en raison de l’apparition de plusieurs outils auteurs spécialisés dans la conception de Serious Games, ce qui permet potentiellement aux entreprises intéressées de le développer en interne (voir par exemple le logiciel ITyStudio).

D’autre part en raison de la baisse générale des coûts de la technologie, le développement de Serious Games génériques et les possibilités pour les entreprises d’achats à la license.

9. Ne sous-estimez pas les charges cachées du E-Learning

Notamment les délais d’implantation d’un LMS (compter environ 3 mois de mise en service pour 7 mois de projet au total, depuis la phase d’étude de marché). Vu le coût financier de tels projets (entre 10 et 45.000€), il s’agit d’une étape à ne pas négliger ou bâcler !

Et ensuite bien sûr la phase de production des contenus, qui peut varier de 2 mois (production en interne) à 4 mois (production via prestataire extérieur).

Et vous, quel est l’élément ou le chiffre qui retient le plus votre attention ?

Sources :