10 principes pédagogiques à prendre en compte pour concevoir des environnements d’apprentissage multimédia

Supposons que vous vous retrouviez dans l’un de ces 4 cas de figures, et que vous souhaitiez soit :

  • Concevoir une formation en ligne pour apprendre à vos collaborateurs comment utiliser un nouveau logiciel informatique,
  • Rédiger et mettre en page des syllabi et fiches pédagogiques en sciences biomédicales pour vos étudiants,
  • Développer un Serious Game pour promouvoir les principes d’une alimentation saine auprès d’un public adolescent,
  • Réaliser une présentation PowerPoint sur la thématique des sciences de l’éducation dans le cadre de votre participation à une prochaine conférence.

Quel est, à votre avis, le dénominateur commun des 4 propositions ci-dessus ?

Je vous le donne en mille : chacun de ces exemples intègre, à des degrés divers, une approche pédagogique basée sur plusieurs médias. C’est-à-dire non seulement des mots parlés ou écrits, mais aussi des images, des photos, des diagrammes, des vidéos… Objectif : favoriser un apprentissage plus efficace et de meilleure qualité.

Oui mais… pas à n’importe quelles conditions ! Il suffit de regarder la plupart des syllabi, fiches pédagogiques et présentations PowerPoint pour voir que certains profs et formateurs n’ont vraisemblablement pas compris comment rendre leurs supports multimédia VRAIMENT efficaces.

Richard Mayer, psychologue américain et chercheur à l’Université de Californie, développe depuis 2001 un concept scientifique intéressant : la théorie cognitive de l’apprentissage multimédia.

Cette théorie se base sur 10 principes pédagogiques essentiels que je vous propose de parcourir ci-dessous. But du jeu : vous permettre d’utiliser le multimédia à bon escient, dans le cadre de vos formations (présentielles ou en ligne), de vos supports pédagogiques écrits et de vos diaporamas.

10 principes pédagogiques à prendre en compte pour concevoir des environnements d’apprentissage multimédia
La théorie cognitive de l'apprentissage multimédia (R. Mayer) : 10 principes pédagogiques à prendre en compte dans la conception d'environnements d’apprentissage multimédia, en ligne ou présentiels.

Des principes pour réduire l’influence de traitements externes

1. Principe de cohérence

Le principe de cohérence vise à supprimer les informations non essentielles pour l’apprentissage : les participants apprennent mieux si les supports et contenus pédagogiques mis à leur disposition se focalisent sur un élément spécifique, plutôt qu’un contenu trop vaste ou trop général.

2. Principe de signalement

Ce principe part du constat que les informations mises en relief sont mieux retenues que les autres : signaler les informations essentielles permet aux apprenants de mieux orienter leur attention et d’augmenter leur taux de rétention par rapports aux éléments soulignés.

3. Principe de redondance

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, présenter des informations identiques dans 2 modalités différentes peut être néfaste à l’apprentissage (par ex. afficher à l’écran l’équivalent du texte présenté oralement). Lors d’une présentation, évitez donc d’intégrer trop de texte dans vos diapos, et préférez l’utilisation de mots-clés.

4. Principe de contiguïté spatiale

Selon le principe de contigüité spatiale, le fait que des informations visuelles soient proches les unes des autres facilite l’apprentissage (par ex. une association mots-clés // image, ou mots-clés // diagramme). C’est notamment le cas des schémas et des légendes qui y sont associées.

5. Principe de contiguïté temporelle

Tout comme la proximité spatiale des informations visuelles, le fait de renforcer leur proximité dans le temps facilite aussi l’apprentissage. Pour faciliter la tâche de la mémoire de travail (par ex. dans le cadre d’une présentation), synchronisez donc l’apparition de vos diapos en fonction de votre discours !

Des principes pour gérer les traitements essentiels

6. Principe de segmentation

Le principe de segmentation nous apprend que les participants apprennent mieux lorsque le contenu pédagogique est bien segmenté : c’est-à-dire découpé en plusieurs séquences, plutôt qu’un gros bloc d’informations indigestes (par ex. 3 fois 5 minutes, plutôt que 15 minutes d’un coup). Cela permet de maintenir l’attention des apprenants et d’éviter la surcharge de leur mémoire de travail.

7. Principe de pré-entrainement

Selon le principe de pré-entrainement, il vaut mieux déjà diffuser aux apprenants des informations-clés sur le contenu (d’un cours, d’une formation…) avant la séquence d’apprentissage principale. Ceci leur permet de s’échauffer et de déjà établir des connexions neuronales essentielles à l’acquisition de nouvelles connaissances.

8. Principe de modalité

Le principe de modalité rejoint en partie le principe de redondance (voir ci-dessus) : dans le sens où, pour présenter une image (par ex. à l’écran comme dans le cas d’une présentation), il est préférable d’utiliser un commentaire oral plutôt qu’écrit. Ceci afin d’éviter la saturation des canaux visuels chez l’apprenant.

Des principes pour favoriser des traitements génératifs

9. Principe d’intégration multimédia

Afin de favoriser le traitement de l’information et un apprentissage plus efficace, privilégiez l’intégration d’éléments visuels dans vos diaporamas, syllabi, fiches pédagogiques… Les participants apprendront mieux à partir d’une combinaison de mots et d’images, plutôt que de mots seuls (par ex. des illustrations explicatives dans un livre ou dans un syllabus).

10. Principe de personnalisation

Dans le cadre d’un parcours de formation (présentiel ou en ligne) ou d’une présentation, utilisez un style de langage conversationnel plutôt que formel. Adressez-vous directement à vos participants en utilisant le VOUS. Les apprenants auront tendance à davantage retenir des informations personnalisées, et à mieux les mettre en pratique !

Et ces principes, il faut absolument tous les respecter ?

Réponse de Normand : tout dépend du contexte !… 😉

Par exemple, dans certaines situations il vous sera difficile d’élaguer votre support pédagogique. Tout simplement parce que vous n’aurez pas la possibilité de le modifier (dans le cas d’un schéma scientifique pré-défini).

Difficile, dans ce cas, de respecter le principe n°1 (cohérence) : il vous faudra donc compenser en soulignant davantage les infos à mettre en lumière, et donc à mettre le paquet sur le principe n°2 (signalement).

Quoiqu’il en soit, j’espère que ce récapitulatif vous aidera à concevoir des contenus et supports pédagogiques plus efficaces. N’hésitez pas à me faire part de vos retours !

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Source :

Mayer, R.E. (2008). Applying the Science of Learning: Evidence-Based Principles for the Design of Multimedia Instruction. American Psychologist, 63(8), 760-769.

L’actualité pédagogique et du monde de la formation #15

Comme chaque semaine, retrouvez l’essentiel de l’actualité pédagogique et du monde de la formation. Je vous propose de passer en revue les 10 articles qui ont retenu mon attention dans le monde de la formation, de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique au cours de cette semaine du 14/05/2012 :

L'actualité pédagogique et du monde de la formation #15
Retrouvez l’essentiel de l’actualité pédagogique et du monde de la formation. Au menu : TED-Ed, Facebook, BYOD, et bien d’autres !

Je vous invite également à (re)découvrir les articles publiés sur FormaVox au cours des dernières semaines :

Vous en voulez plus ?

  • Retrouvez l’ensemble des actualités des semaines précédentes sur Delicious, Paper.li et Scoop.it!
  • Suivez l’actualité pédagogique et du monde de la formation au jour le jour sur Twitter

Et vous, qu’avez-vous retenu de cette semaine ?…

5 clés de succès pour réussir avec brio vos prochains parcours de formation en ligne

En tant que formateurs et animateurs, vous serez de plus en plus confrontés à la nécessité de développer des parcours de formation en ligne. Ou en tout cas de compléter vos séances présentielles avec des modules E-Learning.

Les récents sondages, enquêtes et études ne mentent pas : la formation à distance ainsi que la formation mixte (connue également sous le nom de Blended Learning) connaissent un essor monumental.

Ce succès s’explique pour plusieurs raisons :

  • La possibilité de faire varier les modes d’apprentissage et de mieux satisfaire les styles d’apprentissage propres à chaque participant.
  • Poursuivre les séances présentielles par des modules en ligne favorise leur engagement et leur implication à long terme.
  • Les modules en ligne permettent de faire la part belle aux supports multimédia : vidéos, animations, diagrammes, fichiers audio…
  • Une formation 100% en ligne permet d’obtenir un ROI important (surtout pour les grandes entreprises).
  • Elle permet, en outre, de stocker des ressources à distance et offre la possibilité aux apprenants d’en proposer de nouvelles et de les partager entre eux.

Toutefois, si vous n’avez jamais eu l’habitude de développer des parcours de formation en ligne, vous pouvez être rebuté à l’idée de franchir le cap : peur de l’inconnu, malaise par rapport aux aspects techniques à gérer, difficultés à animer vos groupes d’apprenants…

C’est pourquoi je vous propose de parcourir ci-dessous mon best-of des conseils à suivre pour que vous puissiez développer vos parcours en ligne les doigts dans le nez… ou presque !

Lisez attentivement ces conseils, et prêtez attention au dernier de la liste. Vous pourriez bien être surpris 😉

5 clés de succès pour réussir avec brio vos prochains parcours de formations en ligne
Découvrez 5 clés de succès à considérer absolument pour réussir avec brio vos prochains parcours de formations en ligne et/ou mixtes.

1. Concevez de manière précise votre plan de formation

Commencez par formuler les objectifs pédagogiques que vos apprenants devront atteindre au terme de la formation. Pour ce faire, je vous invite à utiliser la méthode SMART et la taxonomie de Bloom.

Une fois vos objectifs définis, choisissez les contenus et activités pédagogiques à inclure dans votre parcours (études de cas, mises en situation, jeux de rôles, présentations…). Attention : restez cohérents par rapport à vos objectifs de départ.

2. Organisez des séquences d’apprentissage courtes et ciblées

Dans une formation en ligne, les apprenants sont bien souvent assis derrière leur écran de PC (ou de tablette). Le problème, c’est que face à un écran, notre niveau d’attention et de vigilance est beaucoup plus capricieux.

Morale à retenir : évitez que vos séquences d’apprentissage (ou sous-modules) dépassent 15-20min. Au-delà, les cerveaux de vos apprenants commenceront à voguer vers d’autres cieux… ce que vous ne voulez surtout pas !

Choisissez également de focaliser l’attention des apprenants sur un contenu ciblé. Pour plus d’efficacité, mieux vaut viser 4 séquences ciblées de 15min chacune, plutôt qu’un sous-module généraliste d’1h.

3. Maximisez les interactions entre vos participants

Le principal facteur d’échec dans une formation en ligne, c’est l’absence de motivation de la part des apprenants, en raison de leur sentiment de solitude. Certes, vous ne pourrez jamais les motiver à leur place. Et pourtant, il est impératif de mettre en place les conditions optimales pour favoriser leur engagement.

Pour pallier à la solitude de l’apprenant derrière son écran, plusieurs solutions existent : mettre en place un forum de discussion, organisez des séances de chats audio/vidéo… ou encore organiser ponctuellement une réunion présentielle (si les conditions le permettent).

En terme d’activités, faites réaliser aux apprenants des tâches collaboratives et organisez des activités en paires ou en sous-groupes. Ces activités d’apprentissage social permettront aux apprenants de se sentir moins isolés, ce qui contribuera à favoriser leur motivation, leur engagement et leur implication tout au long du parcours.

4. Soignez, simplifiez et structurez vos supports pédagogiques

Dans des parcours E-Learning, il vous faudra compenser votre absence présentielle par des contenus et supports pédagogiques diversifiés. La bonne nouvelle, c’est que cela permettra de mieux solliciter les styles d’apprentissage propres à chacun de vos participants.

Revers de la médaille par contre : vous devrez veiller à fournir des supports variés (vidéos, séquences audio, synthèses sous forme de PDF, animations, diagrammes…).

Vous devrez donc vous assurer de la qualité, de la cohérence et de la structure de vos supports. Si vous comptez par exemple réaliser des PowerPoints animés, je vous conseille fortement de vous initier à la conception de slides efficaces (voir par exemple les ouvrages de Garr Reynolds et Nancy Duarte : Presentation Zen, Presentation Zen Design, Slide:ologie).

5. Ne vous laissez pas impressionner par la technique

Enfin, et c’est peut-être le conseil le plus important de la liste. Si vous ne devez en retenir qu’un seul, retenez celui-ci : NE vous laissez PAS impressionner par la technique !

Je sais que c’est parfois LE stress principal des formateurs. Et pourtant, à l’heure actuelle, je peux vous assurer qu’il est plus simple (et gratuit) que jamais de mettre en place une plateforme E-Learning.

Je pense ici à des outils OpenSource tels que Moodle, Claroline, et même WordPress, auquel on pourra adjoindre l’extension BuddyPress.

Pour vos séances de chats vidéo/audio, Skype fera parfaitement l’affaire. Et si vous deviez passer à des systèmes plus professionnels (pour accueillir plus de participants par exemple), des solutions simples et relativement bon marché existent (telles que WebEx ou GoToWebinar).

L’avenir de la formation passera par l’E-Learning !

Avec ces 5 clés de succès, j’ai voulu vous synthétiser l’essentiel des éléments à prendre en compte pour réussir vos parcours de formation en ligne.

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite plus que jamais à réfléchir à l’opportunité qui s’offre à vous : non seulement les formation en ligne vont poursuivre leur croissance dans les prochaines années, et en plus les aspects techniques ne vont faire que se simplifier.

N’hésitez donc pas à prendre le train de l’E-Learning en marche. Car c’est vraiment une solution sur laquelle il faudra de plus en plus compter !
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Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs « Echanges de compétences » organisé par le blog Copywriting Pratique. Si vous avez lu cet article, à combien l’évalueriez-vous sur 5 ? Cliquez sur la note de votre choix : 012345

11 conseils et idées pour vous aider à donner du sens à l’apprentissage dans vos formations

« L’éducation, c’est ce qui reste lorsqu’une personne a oublié tout ce qu’elle a appris à l’école. »

– Albert Einstein

Dans l’article de lundi, je partageais avec vous quelques réflexions et expériences personnelles concernant la motivation des apprenants, l’apprentissage, et le sens que l’on donne à celui-ci.

La conclusion que je tirais était simple : on ne peut réellement prendre de plaisir à apprendre que par CHOIX, par INTÉRÊT et par PASSION.

Afin d’y arriver, impossible donc de forcer l’apprenant à se motiver. On ne peut que mettre en place les conditions pour favoriser sa motivation et lui permettre de donner lui-même un sens à son action d’apprentissage.

Pour suivre cette réflexion, je vous invite à découvrir ci-dessous 11 conseils et idées qui vous aideront, je l’espère, à donner du sens à votre propre pratique, et à favoriser celle de vos apprenants :

11 conseils et idées pour vous aider à donner du sens à vos formations et à l’apprentissage de vos apprenants
Découvrez 11 conseils et idées pour vous permettre de donner du sens à vos formations et de favoriser la motivation et l’apprentissage de vos participants.

1. Essayez de fasciner vos apprenants

En principe, si vous avez choisi un rôle d’enseignant ou de formateur, c’est sans doute par plaisir à partager vos connaissances et pour aider vos apprenants à développer leurs compétences.

Essayez de vous reconnecter à ce qui vous a motivé au départ à vous lancer dans ce métier. Tentez de retrouver le plaisir qui vous a poussé à vouloir aider les autres à se développer. Brisez la routine en intégrant de nouvelles activités, méthodes et outils pédagogiques.

2. Impliquez-vous dans votre rôle de formateur

En lien avec la première idée, essayez de refléter votre enthousiasme et votre implication en partageant avec vos apprenants les ressources que vous utilisez : livres, sites web, blogs…

Profitez ainsi de chaque opportunité pour diffuser les informations qui pourraient être utiles aux apprenants, par exemple via une plateforme LMS, un forum…

3. Procédez par étape, chaque chose en son temps

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Autrement dit, évitez de surcharger vos apprenants avec un torrent de contenu trop difficile à absorber du premier coup.

Préférez plutôt des séquences d’apprentissage bien segmentées, pas trop longues, avec des objectifs pédagogiques clairs, délimités et atteignables. Et aussi un engagement et un appel à l’action en fin de parcours, pour permettre aux apprenants de mettre concrètement leurs nouvelles compétences en marche.

Je vous invite à (re)découvrir cet article pour plus de détails à ce sujet.

4. Ajoutez une dimension ludique à l’apprentissage

Comme je l’avais déjà indiqué dans un article précédent, le jeu constitue la source n°1 de motivation et d’engagement chez les participants. À condition bien sûr qu’il soit suivi d’un débriefing pour permettre aux participants de synthétiser et consolider leurs apprentissages.

Entrainez donc vos apprenants avec vous, dans la joie et la bonne humeur, et donnez leur l’occasion d’apprendre et de développer leurs compétences dans le plaisir.

5. Favorisez la coopération entre apprenants

Il est bien sûr possible d’apprendre seul. Pourtant, les pédagogues sont de plus en plus nombreux à affirmer qu’on apprend mieux en groupe. C’est ce que mettent en avant les recherches scientifiques à ce sujet.

Faites donc la part belle à l’apprentissage social : concevez des activités pédagogiques de groupe, interactives, dans lesquelles les apprenants auront l’occasion de partager et d’échanger entre eux. Cela favorisera leurs apprentissages, et aussi la dynamique de groupe au sein de vos formations.

6. Adoptez une attitude flexible et résiliente

Toute formation est vouée à évoluer dans le temps. C’est ainsi que fonctionne la recherche scientifique : de nouveaux paradigmes émergent, bousculent les habitudes, avant de se faire renverser à leur tour par de nouveaux modèles.

Et vu les changements rapides auxquels nous somme de plus en plus confrontés, n’hésitez pas à lâcher prise : que ce soit votre contenu, les méthodes pédagogiques, les besoins et attentes des apprenants… restez ouverts et flexibles comme le bambou.

7. Pour un apprentissage en profondeur, visez le long terme

On n’apprend pas du jour au lendemain. Tout comme on ne change pas ses habitudes dans la minute. Apprendre est un processus qui prend du temps et qui s’inscrit dans la durée. À condition qu’on vise un apprentissage concret et en profondeur, bien sûr !

Si votre objectif est donc bien de permettre à vos apprenants de développer leurs compétences de manière concrète et efficace, mettez en place les conditions pour qu’ils puissent faire perdurer les effets de la formation au-delà des séances en groupe.

8. Aidez vos apprenants à développer leur esprit critique

Tout comme vous devriez garder un certain recul critique vis-à-vis de vos propres apprentissages (lectures, vidéos, séminaires, conférences, événements…), encouragez vos apprenants à ne pas boire vos paroles stricto sensu et les paroles des autres.

Encore une fois, la science est sujette à moults changements, qui ne vont faire que s’accélérer. Il en va donc de notre survie d’apprendre à prendre du recul et à développer nos capacités de remise en question.

9. Enseignez, et faites enseigner aux autres

Même si des méthodes interactives et participatives existent, viendra sans doute toujours un moment où vous serez dans une posture plutôt transmissive. Expliquer un contenu à d’autres personnes est d’ailleurs une manière efficace de tester vos compétences et votre compréhension.

N’hésitez donc pas à mettre en place des activités pédagogiques dans lesquelles vos apprenants auraient pour tâche d’expliquer eux-mêmes le contenu aux autres, de créer eux-mêmes leurs propres outils…

10. Laissez aux apprenants le temps de digérer le contenu

Notre esprit est parfois susceptible de nous jouer de sacrés tours : on se croit maître de notre pensée, lorsque tout à coup, le temps a passé, et nous nous retrouvons à des années-lumière de notre pensée initiale.

Pour éviter ce problème, privilégiez des activités d’apprentissages courtes et segmentées : maximum 1h par activité, segmentée en 4 séquences de 15min environ. Et si les échanges entre participants sont importants, ne les faites pas s’éterniser. Evitez qu’ils ne s’enlisent dans des débats à n’en plus finir. Pour savoir comment créer facilement des séquences d’apprentissage simples et efficaces, suivez le guide.

Si votre formation se déroule sur plusieurs jours, laissez du temps entre chaque journée (au moins une semaine, voire plus, en fonction des actions à réaliser par les participants entre les deux). Les apprenants auront dès lors le temps de souffler, d’intégrer le contenu, et de faire évoluer leur réflexion.

11. Adoptez une posture réflexive, et démarrez votre propre blog

Comme je le disais plus haut, une des manières les plus efficaces de consolider un apprentissage, c’est de l’expliquer aux autres. Pourquoi donc ne pas vous lancer et créer votre propre blog ?

Cette initiative vous permettrait de développer votre apprentissage en profondeur par rapport aux thématiques traitées, de partager vos connaissances, et de synthétiser les informations que vous jugez intéressantes et pertinentes pour votre pratique.

À bientôt donc dans la blogosphère ?… 😉

Voici ce que je vous invite à faire dès maintenant :

  1. Choisissez une idée qui vous parle et soulève votre intérêt parmi les 11 propositions traitées dans cet article,
  2. Mettez-la en pratique directement lors de votre prochaine session de formation,
  3. Venez faire part de vos expériences, questions et suggestions en publiant un commentaire ci-dessous.

Quant à moi, je vous retrouve vendredi pour une retransmission en live de la conférence SeriousGame.be 2012 !… 🙂

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Source :

Cet article est inspiré, parfois librement, de l’article original « What I’ve Learned About Learning », écrit et publié par Leo Babauta sur son blog ZenHabits le 03/05/2012 : http://zenhabits.net/learn

Et si vous redonniez du sens à l’apprentissage pour mieux motiver vos apprenants en formation ?

« On apprend davantage en cherchant la réponse à une question et en ne trouvant pas la réponse à celle-ci, plutôt que d’apprendre la réponse elle-même. »

– Lloyd Alexander

Si vous êtes formateur ou enseignant, vous êtes vraisemblablement confronté au challenge de savoir comment motiver vos apprenants et favoriser leur apprentissage.

Vous avez parfois du mal à trouver les activités pédagogiques qui vont répondre à leurs besoins et attentes. Et il est parfois difficile de savoir comment favoriser leur motivation, et comment leur permettre de tirer parti au mieux de la formation.

Surtout qu’à l’heure actuelle, avec la montée en puissance des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, certains n’hésitent pas à promettre monts et merveilles… pour peu de résultats d’apprentissage concrets !

Il existe une solution potentielle pour relever ce défi. Cependant, avant d’aborder ce point, laissez-moi partager avec vous quelques réflexions et expériences personnelles :

Et si vous redonniez du sens à l’apprentissage pour mieux motiver vos apprenants en formation ?
Choix, intérêt et passion : vous aussi, mettez en place les conditions ad hoc et (re)donnez du sens à vos formations pour mieux favoriser la motivation et l'apprentissage de vos participants.

Ce que j’ai appris de l’apprentissage, et ce que l’apprentissage m’a appris…

Tout comme Leo Babauta en témoigne dans son article, j’ai choisi de m’engager dans une voie professionnelle où je suis amené d’une part à transmettre des connaissances, et d’autre part à en faciliter l’assimilation et les partages entre participants.

Je suis également un apprenant passionné, sur de nombreuses thématiques : psychopédagogie, nouvelles technologies, développement personnel, entrepreunariat, webmarketing… Par besoin professionnel, et aussi surtout par intérêt.

Et le plus comique, dans tout ça, c’est que les 2/3 de ce que j’ai appris (et de ce que je continue à apprendre), je l’ai appris en dehors des murs de l’école ! Sans faire d’études supplémentaires, sans entamer de sessions en cours du soir. Juste en me basant sur des supports d’apprentissage informel : blogs, podcasts, réseaux sociaux, rencontres…

La conclusion que je tire de cette réflexion, c’est qu’un grand nombre de nos apprentissages prennent place en dehors de l’école.

Par contre, pour réussir à apprendre par soi-même, il faut un ingrédient magique : la PASSION !

Pour apprendre, il faut trouver un sens à l’action que l’on met en place !

Si je fais un bref retour en arrière et que je réalise le bilan de ce que j’ai appris à l’école par rapport à ce que j’ai appris en dehors, la balance penche sérieusement du côté de la seconde option.

Certes vous me direz que les matières vues à l’école constituent une sérieuse masse d’informations… oui, et pourtant à part quelques bribes ici et là, quelle est la proportion de matières scolaires dont vous vous souvenez encore et qui vous sert concrètement au jour le jour ?

Et au-delà de la quantité de matière absorbée (que ce soit durant mes études secondaires ou mes 2 premières années en faculté de psychologie), ai-je vraiment été passionné par ce que j’ai appris ?

La réponse est clairement NON (mais ça n’engage que moi bien entendu) : je ne me suis jamais senti aussi démotivé que lorsque j’écoutais passivement mes profs en secondaire débiter leur matière. Ou encore les profs d’univ qui déversaient leur flot ininterrompu de matière en nous balançant 50 slides à la minute.

Pour ma part, il a fallu attendre ma première année de license universitaire pour enfin prendre du plaisir et me sentir passionné par ce que je découvrais.

Et pourquoi cela ? Tout simplement parce que cette année correspond à l’année où j’ai pu choisir mon option de spécialisation, personnaliser mon emploi du temps par des cours qui m’intéressaient, choisir des lieux de stages qui correspondaient à mes envies, mes valeurs…

Morale de l’histoire : c’est une fois que j’ai choisi de faire ce qui m’intéressait que j’ai trouvé véritablement du plaisir à étudier et développer ma pratique de psychologue.

Et c’est la raison suprême pour laquelle je prends bien plus de plaisir à réaliser mes projets professionnels à l’heure actuelle : parce que je ne le fais pas sous la contrainte, je le fais par CHOIX, par INTÉRÊT et par PASSION.

Comment donner du sens à l’apprentissage et motiver vos apprenants ?

Comme je l’avais déjà indiqué dans un précédent article, on ne peut pas motiver les apprenants à leur place, on ne peut pas les forcer à trouver un sens déterminé sous la contrainte.

Tout comme on ne peut faire éclore un oeuf de force ou le mettre au micro-ondes pour accélérer son développement : il faut laisser le soin à la poule de le couver, et avec du temps, laisser le poussin lui-même percer la coquille et éclore à son rythme.

Comme la poule, tout ce que nous – enseignants, formateurs, animateurs – pouvons faire, c’est mettre en place les conditions pour favoriser la motivation des apprenants et leur permettre de trouver par eux-mêmes le sens qu’ils souhaitent donner à leur action.

Ceci dit, même si on ne peut réaliser cette étape à leur place, il existe des méthodes qui permettent de favoriser et faciliter cette éclosion pédagogique.

Je vous fixe donc rendez-vous ce mercredi en début d’après-midi pour découvrir la suite de cet article, dans lequel je partagerai avec vous 11 idées pour vous aider à donner du sens à vos formations et favoriser l’apprentissage de vos participants.

Et vous, comment permettez-vous à vos apprenants de donner du sens à leur action ?

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Source :

Cet article est inspiré, parfois librement, de l’article original « What I’ve Learned About Learning », écrit et publié par Leo Babauta sur son blog ZenHabits le 03/05/2012 : http://zenhabits.net/learn