5 principes essentiels issus des neurosciences pour mieux favoriser l’apprentissage en formation

Que peuvent nous apprendre les neurosciences à propos de la formation et de l’apprentissage ?

Quels sont, à votre avis, les avantages et inconvénients des pédagogies actives, ludiques et participatives ?

Si les entreprises semblent conscientes de la nécessité d’amorcer un virage pédagogique dans leurs formations, elles sont parfois réticentes à l’idée de passer à l’action : est-ce vraiment utile et pertinent ?

De mon point de vue, la réponse est indéniablement : OUI !

Et les recherches scientifiques menées ces dernières années vont clairement dans ce sens. Suite à la présentation que j’ai eu l’occasion de réaliser au forum, je vous invite donc à découvrir ci-dessous 5 principes essentiels issus des recherches en neurosciences pour mieux former et apprendre :

5 principes essentiels issus des neurosciences pour mieux favoriser l'apprentissage en formation
Découvrez 5 principes essentiels issus des recherches en neurosciences pour mieux favoriser l’apprentissage dans vos formations.

1. Focalisez l’attention de vos apprenants sur l’essentiel

Tous les êtres humains disposent d’une mémoire de travail. Son objectif et de traiter et maintenir les informations à court terme, en vue d’un encodage plus important. C’est donc l’un des premiers paliers par lesquels transitent les stimulations extérieures.

Le problème de notre mémoire de travail, c’est qu’elle dispose d’une capacité très limitée : elle ne peut conserver simultanément que 7 éléments (+/- 2 en fonction des individus) pendant une période de 30 secondes. C’est ce qu’on appelle l’empan mnésique.

De plus, les recherches montrent que l’attention des apprenants chute naturellement au bout d’environ 10 minutes.

Etant donné la capacité d’absorption limitée de notre mémoire de travail, et la tendance naturelle à piquer du nez au bout de 10 minutes, il est donc crucial d’attirer l’attention de vos participants sur l’essentiel :

  • Evitez de multiplier les informations inutiles ou non pertinentes (l’effet entonnoir).
  • Si vous utilisez des diapositives pour vos présentations : max. 1 idée par slide, et évitez d’y passer 7 heures d’affilée.
  • Si vous organisez des jeux ou activités de groupe : énoncez une règle à la fois, step by step.
  • Variez les modes d’apprentissage pour relancer constamment l’attention de vos apprenants.

2. Répétez l’information pour mieux l’ancrer en mémoire

Les recherches nous montrent qu’au bout de 20 minutes, le taux d’assimilation d’informations chute de plus de 50%. Dans les 24h suivant une formation, ce taux chute encore à 80%. Et dans le mois qui suit, si rien n’a été fait pour réactiver ce contenu, les apprenants n’en garderont aucune trace.

Pour faire en sorte d’ancrer votre contenu et de permettre à vos apprenants de s’en souvenir durablement, vous devrez donc le répéter plusieurs fois, et de manière différente. C’est ce qu’on appelle : la réactivation.

Plusieurs solutions s’offrent à vous pour réactiver les informations chez vos apprenants :

  • Organiser un jeu après une présentation pour leur permettre de revisiter le contenu.
  • Demander à vos apprenants de prendre un engagement post-formation.
  • Mettre en place un suivi à distance (blended learning).
  • Organiser une séance de feedback en groupe ou un coaching individuel.

3. Faites bouger vos participants afin de mettre leur cerveau en condition

Lorsque nous apprenons quelque chose de nouveau, nous sommes face à une forêt vierge dans laquelle il nous faudra tracer un sentier.

Pour permettre à nos neurones d’établir des connexions entre eux, et de créer de véritables autoroutes d’informations, un facteur essentiel consiste à permettre aux apprenants de mobiliser leur attention et leur concentration.

C’est ici qu’entre en jeu notre cervelet. Cet organe, qui se situe juste derrière notre tronc cérébral, joue un rôle essentiel dans le maintien de l’attention et de la concentration… et de la planification et la coordination des mouvements.

Faire bouger les apprenants (via des jeux ou autre activités de groupe) va donc activer leurs cervelets, focaliser leur attention sur la tâche, et donc indirectement favoriser la création de réseaux de neurones (ou le renforcement de ceux-ci)… et donc de permettre l’apprentissage !

4. Favorisez la stimulation multi-sensorielle

Nous apprenons toutes et tous de manière différente : certains seront davantage sensibles aux discours, d’autres aux supports pédagogiques, d’autres encore aux échanges avec les autres participants…

Il n’y a donc pas une seule et unique manière d’apprendre… et aucune d’entre elle n’est meilleure ou pire qu’une autre.

Au plus vous arriverez à stimuler les différents sens de vos apprenants, au plus vous aurez de chances que votre message passe… et soit retenu au bout du compte :

  • En utilisant des supports pédagogiques variés : vidéos, slides, fiches papiers…
  • En variant le type d’activités pédagogiques : jeux, mises en situation, exposés, travaux individuels…

5. De tous les sens, privilégiez le visuel !

Plus de 60% de la population mondiale est à dominante visuelle, quelle que soit la culture ou l’origine ethnique. Si vous ne deviez retenir qu’un seul sens, privilégiez donc au maximum le visuel. Comme on dit :

« Une image vaut mieux que 1.000 mots ! »

[hr]

Source :

J. Medina (2010). Les 12 lois du cerveau. Paris: LEDUC.S Editions.

207 pensées sur “5 principes essentiels issus des neurosciences pour mieux favoriser l’apprentissage en formation”

  1. Oui Oui et Oui !
    En tant que coach formée par une école américaine faisant le lien entre Coaching et Neurosciences, je suis complètement d’accord avec tous ces points.
    Bravo pour votre article !

  2. Fort instructif.
    Lire aussi dans le même sens l’excellent ouvrage de Hélène Trocmé : « J’apprends donc je suis »
    Maître de conférence à l’université de Paris-I

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