World of Warcraft comme Serious Game en formation : bilan de l’expérience et perspectives d’avenir

Après avoir posé la question de savoir s’il était possible d’utiliser un jeu sérieux gratuitement en entreprise et partagé avec vous les 7 raisons d’utiliser World of Warcraft comme Serious Game, il est temps pour moi de partager en exclusivité avec vous les premiers résultats de cette expérience.

En collaboration avec Pascal Balancier (AWT) et le Pr. Marcel Lebrun (UCLouvain), Xavier Van Dieren (NOW.be) et moi-même avons invité une vingtaine de participants à une formation-pilote. Objectif : tester World of Warcraft comme outil de Serious Gaming en formation. Nous avons choisi la thématique du leadership pour élaborer ce dispositif pédagogique.

Concrètement, nous avons divisé cette expérience en 3 journées – chaque fois avec un groupe différent d’environ 8 participants – organisées dans les locaux de l’AWT. Le but étant de pouvoir tester différentes configurations :

  • Avec ou sans présentation des participants au début,
  • Avec ou sans possibilité pour les participants de communiquer entre eux en face à face,
  • Avec ou sans explications préalables concernant le fonctionnement du jeu et de son gameplay…

Globalement, les journées étaient organisées comme suit :

  1. Première phase de jeu le matin,
  2. Débriefing de la première phase de jeu,
  3. Pause-lunch,
  4. Seconde phase de jeu l’après-midi (sauf pour les groupes 2 et 3),
  5. Débriefing de la seconde phase de jeu.

World of Warcraft comme Serious Game en formation : quel bilan et quelles perspectives ?

Voici les 4 conclusions majeures qui ressortent de l’étude menée par l’équipe de Marcel Lebrun, en ce qui concerne l’usage de World of Warcraft comme Serious Game en formation (et particulièrement, dans le cas présent, dans la formation au leadership) :

World of Warcraft comme Serious Game en formation : bilan de l’expérience et perspectives d’avenir
World of Warcraft comme Serious Game en formation : découvrez le bilan de l’expérience et les perspectives d’avenir du projet.

1. La formation a permis d’activer le savoir-être

Lorsqu’on pose la question après coup aux participants, la majorité d’entre eux répondent « Non, nous n’avons rien appris concernant le leadership ! ». Constat fort ennuyeux, mais prévisible vu le court laps de temps qui nous était alloué pour traiter cette thématique (1 journée).

Pourtant, s’ils disent n’avoir rien appris (en termes de connaissances), ils confient que, suite à l’expérience, ils ont été plus attentifs à la manière par laquelle ils interagissent et communiquent avec leurs collègues. Ce qui, en soit, constitue déjà un premier pas – et non des moindres – vu que ce sont ici les comportements et attitudes qui ont été activés (ce que les pédagogues traduisent également par savoir-être).

Si le dispositif en tant que tel est évidemment insuffisant pour explorer le leadership et développer les savoirs et savoirs-faire relatifs à ce champ de compétences, il constitue toutefois une excellente entrée en matière pour faire émerger les modes de fonctionnement naturels des participants.

2. Jouer c’est bien. Débriefer, c’est encore mieux !

Si vous lisez ce blog régulièrement, vous ne serez pas surpris lorsque je vous dis qu’on apprend rien du jeu, mais du débriefing qui s’en suit. Les recherches l’ont déjà mis en évidence, et nous avons encore eu l’occasion de le vérifier.

En effet, c’est durant le débriefing que les participants ont l’occasion de revenir sur les stratégies mises en place, les modes de communication qu’ils ont utilisés avec les autres, les voies qu’ils pourraient explorer pour éviter certains pièges…

Quel que soit le jeu que vous comptez utilisez, ne sacrifiez donc JAMAIS le débriefing. Ceci afin d’éviter que formation fasse un flop monumental !

3. Des thématiques de formation insoupçonnées au départ

Si dans le format développé pour l’occasion le leadership semble bien être difficile à aborder, nous nous sommes rendus compte que WoW peut se prêter à merveille pour toutes sortes de thématiques de formation. Et particulièrement des formations liées à la communication interpersonnelle :

  • Cohésion et gestion d’équipes,
  • Teambuilding,
  • Interculturel et intergénérationnel…

4. Deux facteurs motivationnels inattendus

Si les participants étaient intrinsèquement motivés durant l’expérience, et que celle-ci mettait en place les conditions pour que la tâche à réaliser soit motivante (voir notamment les travaux de Viau et Ambrose), 2 éléments ont joué sur la motivation des participants : la configuration de la salle et l’introduction de la journée.

Lors des deux premières journées, nous avons testé une configuration dans laquelle les participants avaient le dos tournés, afin d’observer et analyser leurs réactions. Des conditions peu propices donc à l’émergence d’une communication entre eux. Tandis que pour la dernière journée, nous les avons mis face à face. Les résultats indiquent que les participants se sont sentis davantage motivés dans cette configuration. La disposition des tables, chaises et ordinateurs semble donc jouer un rôle prépondérant dans la création d’interactions.

Durant la dernière journée, nous avons également débuté par une activité brise-glace, afin de permettre aux participants de faire connaissance et de partager leurs attentes par rapport à la journée. Ce facteur semble également important pour favoriser la motivation.

World of Warcraft comme Serious Game en formation : bilan de l’expérience et perspectives d’avenir
Nos participants en pleine action… comme vous pouvez le constatez, ils sont en pleine forme ! 😉

Quelques recommandations et perspectives d’avenir

Nul doute que cette expérience aura été enrichissante. Voici 3 recommandations qui pourraient être formulées si le projet était appelé à se poursuivre :

  1. Dans le cadre d’une formation au leadership : prévoir plusieurs sessions étalées dans le temps,
  2. L’importance du débriefing après les sessions de jeux afin d’éviter de se focaliser sur l’outil et faire émerger les apprentissages,
  3. Dans le format actuel : tester le dispositif pour d’autres thématiques de formation (communication interpersonnelle, cohésion et gestion d’équipes, communication interculturelle et transgénérationnelle, teambuilding…).

Découvrez la vidéo de notre présentation lors de la conférence SeriousGame.be 2013

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=F6JmRK_fBkg&feature=share&list=FL5fFo5jOojbtVKj19nkhZuQ[/youtube]

Les 3 facteurs à prendre en compte pour réussir votre Serious Game : les 3 O ou le tryptique du gameplay

Suite aux articles publiés la semaine passée, je suis certain que vous êtes à présent convaincu de l’utilité et de la nécessité de passer aux Serious Games pour vos formations 😉

Et même s’il est important de respecter des règles pour faire de votre Serious Game un succès, quelques éléments complémentaires sont à prendre en compte, spécifiques au jeu vidéo. Notamment le gameplay !

Selon Wikipedia, le gameplay d’un jeu vidéo regroupe « les règles du jeu,… la fluidité de ces règles une fois appliquées à l’environnement du jeu, et également la manière dont le joueur peut jouer, les possibilités offertes par l’environnement… »

Plus spécifiquement, 3 éléments sont nécessaires au gameplay d’un jeu pour arriver à engager les joueurs (et donc les apprenants dans le cadre d’un Serious Game) : il s’agit du tryptique du gameplay, connu également sous l’appellation des 3 O.

Je vous invite à le découvrir ci-dessous :

Les 3 facteurs à prendre en compte pour réussir votre Serious Game : les 3 O ou le tryptique du gameplay
Objectifs, Obstacles et Outils : Découvrez le tryptique du gameplay, ou les 3 facteurs de réussite à prendre en compte au moment de réaliser votre Serious Game.

1. Les joueurs ont besoin qu’on leur fixe des OBJECTIFS

Pour réussir à impliquer le joueur, le jeu doit se présenter comme une activité – ou une succession d’activités – sous forme de défis. Ce qui amènera naturellement les joueurs à se fixer des buts et objectifs pour continuer à jouer et progresser dans le jeu.

De plus, la majorité des jeux proposent une progression sous forme de niveaux. Ces niveaux sont généralement organisés par paliers de difficulté progressifs. Ainsi, le joueur qui arrive à la fin du niveau 1 obtient un score/résultat, et passe au niveau 2, et ainsi de suite…

C’est le cas par exemple de World of Warcraft : pour passer de niveaux en niveaux, votre personnage doit accumuler de l’expérience en réalisant une série de quêtes, de plus en plus difficiles, et développer de nouvelles compétences afin d’accéder aux contenus de niveaux supérieurs.

2. Les joueurs ont besoin de faire face à des OBSTACLES

Si les joueurs devaient se contenter de se balader dans l’environnement du jeu en sifflant et en réalisant quelques quêtes, leur vie manquerait cruellement de piquant !

Ainsi, un jeu efficace et engageant inclura dans la majorité des cas de nombreux obstacles qui viendront se mettre en travers du chemin du joueur. Je pense ici notamment à des quêtes et épreuves spéciales, ainsi que les boss de fin de niveaux, plus difficiles et nécessitant des techniques plus recherchées de la part du joueur pour arriver à ses fins.

Certains d’entre-vous se souviendront ainsi probablement du jeu vidéo Sonic, et de ses rencontres successives, à la fin de chaque niveau, avec le Dr. Robotnik. À chaque victoire sur celui-ci, le hérisson gagnait un nombre de points conséquents et pouvait passer au niveau supérieur.

3. Les joueurs ont besoin de manipuler des OUTILS

Pour rester plongés dans le jeu et captivés par celui-ci, les joueurs ont non seulement besoin de challenges et de piquant, mais aussi de pouvoir interagir directement avec l’environnement virtuel.

Ces interactions peuvent prendre plusieurs formes :

  • dialoguer avec d’autres personnages du jeu,
  • manipuler des outils pour débloquer des bonus spéciaux,
  • utiliser certains types d’armes pour réussir un combat,
  • développer des super-pouvoirs afin de faire face aux ennemi,

Il s’agit en fait de toutes les compétences que le joueur devra développer, de tous les outils qu’il devra apprendre à maitriser pour faire face aux obstacles qui se présentent à lui pendant la partie.

Pour reprendre l’exemple de World of Warcraft, il s’agit notamment de l’apprentissage de nouveaux sorts et techniques pour permettre à votre personnage de devenir plus puissant, plus rapide…

Les 3 O : 3 facteurs à respecter pour réussir votre Serious Game !

Pour faire de votre Serious Game un succès, vous devrez évidemment réfléchir aux aspects pédagogiques… tout en tenant compte des aspects ludiques. Vous ne pourrez pas faire l’un sans l’autre, c’est inévitable.

Au moment de concevoir l’arbre de scénario de votre jeu, gardez donc en tête ces 3 O : objectifs, obstacles et outils. Ce sont les 3 éléments essentiels qui caractérisent un jeu vidéo, et sans lesquels votre Serious Game risquerait sérieusement de tomber à plat !

À vous de jouer !… 😉

[Infographie] En quoi la gamification pourrait bien révolutionner l’apprentissage et le monde de l’éducation

Pour terminer en douceur cette semaine consacrée aux Serious Games – et avant de remettre le couvert à ce sujet la semaine prochaine – j’aimerais partager avec vous quelques statistiques concernant la gamification de l’éducation.

Comprenez par là le fait de rendre l’apprentissage plus ludique et d’intégrer le jeu (présentiel ou en ligne) dans les dispositifs pédagogiques. En anglais, il s’agit d’une approche que l’on nomme Game-Based Learning (GBL).

Suite au rapport Moving Learning Games Forward: Obstacles, Opportunites & Openness publié en 2009 par le MIT, voici les principaux éléments que je retiens :

  • 28 millions de joueurs aux USA récoltent leurs moissons chaque jour dans FarmVille,
  • 5 millions d’américains passent en moyenne 45 heures par semaine à jouer,
  • À l’échelle mondiale, nous passons près de 3 milliards d’heures par semaine à jouer aux jeux vidéos,
  • Et parallèlement à ces chiffres excitants, près de 1,2 millions d’étudiants n’obtiennent pas leur diplôme d’études secondaires aux USA… chaque année !

De là à dire que l’apprentissage ludique – et par extension les Serious Games – pourraient solutionner le problème, il y a un pas que je ne franchirai pas. Parce que beaucoup trop d’autres facteurs internes et externes à l’apprenant entrent en ligne de compte.

Je suis par compte intimement convaincu que le jeu, en tant qu’outil faisant partie de l’ensemble du dispositif pédagogique, peut se révéler un levier puissant pour booster l’engagement en formation et favoriser l’apprentissage des participants.

Sur ce, je vous invite à découvrir l’infographie au complet ci-dessous… et à passer une excellente fin de semaine !… 🙂

[Infographie] En quoi la gamification pourrait bien révolutionner l’apprentissage et le monde de l’éducation

7+1 clés de succès pour opérationnaliser un projet de Serious Game au sein de votre entreprise

Dans l’article 3 raisons pour lesquelles vous devriez envisager de passer aux Serious Games, je pointais notamment le fait que :

  • Le jeu est le facteur principal d’engagement pour les apprenants en formation,
  • Le jeu permet de prendre du recul par rapport à la réalité,
  • Le jeu prend une place de plus en plus importante dans notre société.

Toutefois, si le jeu constitue un excellent outil, il est important de bien réfléchir en amont aux usages qui pourraient en être fait. Comme le dit si bien Marcel Lebrun, technopédagogue et professeur à l’UCL : « Il n’y a pas de bon ou de mauvais outils, il y a seulement de bons et mauvais usages ! »

Je vous invite donc à découvrir ci-dessous 7+1 clés de succès pour réussir vos futurs projets de Serious Games. Prêtez une attention toute particulière au dernier point… sans quoi l’issue de votre projet pourrait bien vous être fatale en terme de ROI !

7+1 clés de succès pour opérationnaliser un projet de Serious Game au sein de votre entreprise
Découvrez 7+1 clés de succès pour réussir l’implémentation d’un projet de Serious Game dans le cadre de formations au sein de votre entreprise.

1. Assurez-vous que vous disposez du budget nécessaire

En fonction du degré d’exigence de votre entreprise, la production d’un Serious Game pourra vous coûter entre 50.000€ et 500.000€.

Et même si on constate une baisse progressive des coûts de production au fil des ans et l’apparition d’outils auteurs dédiés, ce genre de projets reste un investissement non négligeable !

2. Réalisez une analyse des besoins et attentes avant tout

Par pitié, ne vous lancez pas tête baissée dans ce genre de projets sans analyser les besoins et attentes de formation au sein de votre entreprise.

Il s’agit d’une étape cruciale pour assurer une certaine cohérence entre les besoins réels de l’organisation et les attentes du public-cible.

3. Définissez des objectifs pédagogiques clairs et pertinents

Une fois vos besoins et attentes décortiqués, définissez des objectifs pédagogiques aussi clairs et pertinents que possible. Cela vous permettra de définir un itinéraire précis pour savoir quelles compétences développer auprès de vos collaborateurs.

Pour définir des objectifs pédagogiques, je vous recommande d’utiliser la taxonomie de Bloom ainsi que la méthode SMART.

4. Favorisez une réelle coopération entre pédagogues et développeurs

Il s’agit d’un des plus grands risques liés à ce genre de projets. Inévitablement, vous devrez allier du contenu pédagogique à du développement technologique (graphisme, gameplay, animation 2D/3D…).

Pour assurer la cohérence technopédagogique du produit final, faites en sorte de favoriser la coopération entre les 2 équipes (pédagogues + développeurs).

5. Créez un scénario aussi immersif que possible

L’un des éléments clés de la réussite d’un jeu vidéo repose sur sa capacité à immerger le joueur. Pour cela, rien de tel qu’un bon scénario.

Dans le cadre d’un Serious Game à visée éducative, vous devrez également veiller à équilibrer le contenu pédagogique avec l’aspect purement ludique (ainsi que l’intégration des éléments multimédia).

6. Prévoyez une stratégie de communication efficace en interne

Réaliser un Serious Game n’est pas un projet commun. Bien qu’efficace, l’outil reste assez innovant dans le domaine de la formation, et vous devrez investir des moyens en conséquence pour sensibiliser vos futurs apprenants à son utilisation.

Inspirez-vous des studios hollywoodiens, et organisez un vrai plan marketing pour vendre votre Serious Game en interne : teasing, e-mailing, events…

N’hésitez pas non plus à procéder à une phase pilote pour tester le dispositif, et réaliser les adaptations nécessaires avant de le déployer à grande échelle au sein de votre entreprise.

7. Mettez en place un système de tracking des apprenants

Etant donné l’investissement assez conséquent, il est légitime d’attendre que les apprenants y consacrent le temps nécessaire, et qu’ils développent les compétences souhaitées.

N’oubliez donc pas d’intégrer un système de tracking et d’évaluation des apprenants. Cela vous permettra en outre de réagir rapidement, si par exemple vous constatez un faible taux de complétion de leur part.

Enfin, tenez compte absolument de ce dernier point !

S’il y a bien un seul point à retenir de cet article, c’est celui-ci : si le jeu représente le facteur principal d’engagement et de motivation des apprenants, il ne permet pas à lui seul d’apprendre !

En effet, vous devez absolument prévoir un espace de dialogue entre apprenants, pour leur permettre de réaliser un débriefing, d’échanger et partager entre eux sur ce qu’ils ont perçu, vécu et appris tout au long du jeu.

C’est à cette seule condition que le jeu prendra tout son sens : il doit donc obligatoirement être inclus dans le dispositif pédagogique, mais ne peut pas être utilisé à lui seul à des fins d’apprentissage.

Et vous, quelles sont les échecs / succès que vous avez vécu dans le cadre de projets de formation ? Pensez-vous que les Serious Games soient une solution pertinente ?

Je serais très intéressé d’avoir votre avis sur cette question »

3 raisons pour lesquelles vous devriez passer au Serious Game pour vos prochaines formations

Mardi dernier s’est tenue à Bruxelles une conférence organisée par l’ISTF – Institut Supérieur des Technologies de la Formation – sur le thème : « Serious Game, ROI et pédagogie »

L’occasion pour ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de participer à la conférence SeriousGame.be 2012 de rattraper leur retard.

Au cours de cette conférence, 3 experts sont intervenus pour faire le point sur les avantages et désavantages des Serious Games, d’un point de vue ROI et d’un point de vue pédagogique :

  • Bruno Dartigues (DG e-doceo Belgium) a partagé avec nous quelques études de cas et retours d’expériences de projets concrets réalisés auprès de clients.
  • Xavier Van Dieren (consultant E-Learning NOW.be) nous a fait découvrir, de manière ludique et interactive, les clés de succès et étapes à réaliser pour gérer un projet de Serious Game.
  • Nathalie Pilet (ingénieur pédagogique ISTF) a terminé en abordant les Serious Games sous l’angle de la pédagogie et des sciences cognitives.

En ce qui me concerne, j’avais déjà eu l’occasion d’étudier de près l’efficacité pédagogique des Serious Games dans le cadre d’une étude réalisée en 2011 pour l’UCL (Louvain-la-Neuve) et les FUSL (Bruxelles). Les résultats présentés mardi dernier rejoignent globalement les conclusions déjà émises.

Pour introduire la série d’articles que je compte publier au cours des 2 prochaines semaines sur ce blog, je vous invite à découvrir ci-dessous les 3 raisons principales pour lesquelles vous devriez sérieusement réfléchir à implémenter un Serious Game dans le cadre de vos prochaines formations :

3 raisons pour lesquelles vous devriez passer au Serious Game pour vos prochaines formations
Découvrez 3 raisons pour lesquelles vous devriez envisager d’implémenter un Serious Game lors de vos prochaines formations en entreprise.

1. Le jeu permet de booster l’engagement des apprenants

Il s’agit d’un constat global : le jeu constitue le facteur n°1 d’engagement et de motivation pour les apprenants en formation. La majorité des recherches et méta-analyses récentes sont d’accord sur ce point.

Le jeu suscite ainsi une forte envie d’apprendre chez l’apprenant : il bénéficie d’une forte attractivité, et donne envie d’aller plus loin.

Pour plus d’infos sur l’intégration du jeu en formation, je vous renvoie à mon précédent article : Pourquoi vous devriez utiliser des jeux en formation et comment les intégrer de manière simple et efficace

2. Le jeu permet de prendre distance par rapport à la réalité

Contrairement à des mises en situations ou études de cas réalistes, le jeu permet de prendre du recul face à la réalité concrète du terrain.

Il permet ainsi de tester de nouvelles solutions sans prendre de risque, d’avancer par essai et erreur sans trop de contraintes, et d’adopter peu à peu de nouveaux réflexes et comportements.

Ce qui pemet de facto de diminuer le sentiment de stress et d’anxiété que peuvent parfois éprouver les apprenants dans le cadre du développement de leurs compétences.

3. Le jeu prend une place de plus en plus importante dans notre société

Quand on sait que l’industrie du jeu vidéo génère un revenu plus important que celui du cinéma (10 milliards de dollars en 2004), cela fait réfléchir…

De même, le jeu vidéo ne se limite plus aux hardcore gamers, et touche aussi à présent les joueurs occasionnels, notamment grâce à l’explosion de la vente des smartphones. On compte ainsi plus de 100 millions de joueurs mobiles en 2012 aux USA.

Pour rajouter encore 2 chiffres :

  • L’âge moyen des joueurs aux USA est de 32 ans (49% des joueurs ont entre 18 et 49 ans),
  • Rien qu’en France, nous sommes passés de 11 millions de joueurs en 2000 à 28 millions en 2011.

Juste pour vous donner une idée de l’ampleur du phénomène !… 😉

Le Serious Game : solution miracle pour la formation et l’apprentissage ?

Solution miracle, certainement pas… et pourtant à considérer fortement !

En effet, il est vraisemblable que le Serious Game deviendra le nouveau standard des formations en ligne dans les prochaines années. On constate d’ailleurs déjà une gamification progressive des parcours E-Learning existants.

Avec la baisse des coûts liés aux technologies et l’apparition progressive d’outils auteurs spécialisés, le Serious Game devrait peu à peu se démocratiser pour toucher un public plus large.

Attention toutefois de ne pas vous précipiter tête baissée : il y a des conditions à respecter pour qu’un Serious Game soit vraiment efficace et utilisé à bon escient. J’y reviendrai dans les articles qui seront publiés sur ce blog dans les prochains jours.

Stay Tuned !… 😉

[hr]

Sources :

AFJV (2012). Loisirs interactifs : le meilleur de l’année 2012 est à venir selon GfK. Consulté le 30/06/2012. En ligne : http://www.afjv.com/news.php?id=1245&title=marche_loisirs_interactifs

Education Database Online (2010). Videogames Statistics. Consulté le 30/06/2012. En ligne : http://www.onlineeducation.net/videogame

Pilet, N. (2012). Enquête 2011: Les chiffres pédagogiques du e-learning. ISTF : http://www.istf-formation.fr

Slashdot (2004). Game Industry Bigger than Hollywood. Consulté le 20/06/2012. En ligne : http://games.slashdot.org/story/04/12/19/2350234/game-industry-bigger-than-hollywood

Vellut, D., Leonard, E. & Nils, F. (2011). Les nouvelles pédagogies de la formation. Rapport de recherche réalisé dans le cadre du projet RH-Entreprises. Louvain School of Management, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique.